L'Arlésienne 11
- Détails
- Affichages : 398
- Dis, Papé, c’est quoi l’Arlésienne
- Oh tu sais, c’est très simple ; c’est occuper tous les esprits, être le sujet de toutes les conversations sans jamais se montrer.
- Y parait qu’on va l’appeler l’Arlésienne le nouveau foyer …
- Alors, il porterait bien son nom, depuis le temps qu’on en parle …
Un répoutégaïre
“Il s’appelait Jan. C’était un admirable paysan de vingt ans, sage comme une fille, solide et le visage ouvert.
Comme il était très beau, les femmes le regardaient ; mais lui n’en avait qu’une en tête, - une petite Arlésienne, toute en velours et en dentelles, qu’il avait rencontrée sur la Lice d’Arles, une fois. - Au mas, on ne vit pas d’abord cette liaison avec plaisir. La fille passait pour coquette, et ses parents n’étaient pas du pays. Mais Jan voulait son Arlésienne à toute force. Il disait:
- Je mourrai si on ne me la donne pas.
Il fallut en passer par-là. On décida de les marier après la moisson. Donc, un dimanche soir, dans la cour du mas, la famille achevait de dîner. C’était presque un repas de noces. La fiancée n’y assistait pas, mais on avait bu en son honneur tout le temps…
[...] Une fenêtre qui s’ouvre, le bruit d’un corps sur les dalles de la cour, et c’est tout… Il s’était dit, le pauvre enfant: “Je l’aime trop… Je m’en vais”.”
Alphonse Daudet, “Lettres de mon moulin”, L’Arlésienne, 1869
info supplémentaire, cliquez ici








