Déidamie

Juil
29
2010
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DEIDAMIECombien elle est aimable et combien amicale,

Cette fille qui noue maintenant sa sandale !

Quelle grâce en ce geste ! Et puis, quelle beauté !

En tous ces mouvements, quelle légèreté !

On sent dans ce beau corps la force et la souplesse !

Il faut, dans tous nos jeux, admirer son adresse !

Que de perfections ! Et que de beaux talents !

Aussi je trouve en elle un charme ensorcelant.

Autant de qualités ne peuvent que séduire.

Je l’avoue volontiers, tout vers elle m’attire.

Son amitié est tout l’objet de mes désirs.

Et j’en attends pour moi les plus vifs des plaisirs.

 

achille&diademieJe crois bien qu’elle aussi n’est pas indifférente

Et qu’elle aimerait bien être ma confidente.

Je crois qu’elle me cherche, et quand elle me voit,

Un accent plus joyeux se connaît dans sa voix.

Sur sa bouche, aussitôt, je vois naître un sourire.

A tout ce que je dis, elle est prête à souscrire.

Je cède à la douceur d’un élan ingénu

Qui travaille à lier les cœurs si prévenus.

Sitôt qu’à quelque endroit le hasard nous isole

Nous trouvons des regards plutôt que des paroles.

Mais rien que le plaisir d’être là toutes deux,

Eveille dans nos cœurs un élan amoureux.

 

TAJe ne sens rien de tel pour mes autres compagnes.

Je n’éprouve jamais ce trouble qui me gagne,

Quand je vois approcher la fille de Thétis,

Quand j’entends, de ses pas, le charmant cliquetis,

Quand son regard, sur moi, vient se poser, avide,

Quand je vois, dans ses yeux, une lueur rapide.

Que j’ai de peine, alors, à cacher mon émoi !

Comme si cet attrait était mêlé d’effroi !

Dans cet étrange appel, je sens quelque mystère.

Pourquoi mon sang, plus fort, bat-il dans mes artères ?

Elle aussi, dans ce bois, vient cueillir son bouquet !

Nous voici toutes deux, seules, dans ce bosquet !

 

ACHILLEETDIEDAMIEElle approche tout près et, de son bras, m’enlace !

Avec quelle vigueur et quelle étrange audace !

Pourtant, je suis heureuse, et tout mon corps charmé,

D’une telle caresse est encore affamé.

Il dépose un baiser sur ma bouche captive.

Il murmure des mots que j’écoute, attentive.

Cette révélation me comble de stupeur.

Il dépouille pour moi son costume trompeur.

Il me confie son nom : c’est lui, le fils Achille !

Sa mère, dans Scyros, lui ménage un asile.

Mais alors… Ce beau dieu veut être mon amant…

Et je cède à l’ardeur de ce prince charmant.