Circé

Déc
07
2010
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tn_A3175Ulysse, c’est en vain que tu cherches ta route !

Il n’obéit qu’à moi, le vaisseau que j’envoute !

Vainement, à ton gré, tu crois le diriger,

C’est moi qui le conduit où je veux l’engager.

C’est vers moi maintenant, c’est vers moi qu’il arrive,

Et c’est moi qui l’attends, joyeuse, sur ma rive !

C’est un amant de plus que m’apporte la mer.

C’est un captif de plus que je mets dans mes fers.

Je te tiens ! Ton navire est entré dans ma rade !

Sache que de mes rets, personne ne s’évade !

Devant les douze dieux, j’en ai fait le serment !

Je l’avais décidé : tu seras mon amant !


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tn_odysseus_und_circeUlysse, en t’accueillant, je t’offre ce breuvage.

Tant de bonheur t’attend sur cet heureux rivage !

Pour toi, dès cet instant, les dangers sont passés.

Ils sont finis pour toi tous ces jours angoissés !

Te voilà dans le port ! Amarre ici ta poupe.

Mais que vois-je ? Insolent, tu renverses ta coupe !

Tu refuses de boire et tu fuis mon regard !

A peine débarqué, tu prévois le départ ?

Tu préfères la mer, à moi, l’enchanteresse !

Et ton aride Ithaque à toutes mes caresses !

Crois-tu qu’impunément, on brave mes désirs ?

Et qu’on peut refuser de goûter mes plaisirs ?

 

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tn_circeTu n’échapperas pas à tous mes sortilèges !

Je saurai bien punir tes dédains sacrilèges !

Je ne souffrirai pas qu’un audacieux mortel,

Méprise mes attraits, me refuse un autel !

Tu ne partiras plus de cette île fatale !

Tu n’y connaitras plus qu’une vie infernale !

Je saurai te priver de tous tes compagnons !

J’en ferai des serpents ou des pourceaux grognons.

Tu verras de tes yeux cette métamorphose !

Pars seul sur l’océan, si tu peux, si tu l’oses !

Mes philtres, insensé, déchaîneront les flots,

Et je savourerai tes impuissants sanglots.

 

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tn_23954-circe-castiglione-giovanni-benedettoPrends garde ! Ici, de moi, n’attends pas d’indulgence !

Ne crois pas échapper à ma juste vengeance !

Ma haine, contre toi, ne saurait se tarir !

Tu n’as plus que ce choix, ou m’aimer, ou périr !

Car mon orgueil divin exige que j’immole

Ceux qui ne veulent pas m’accepter pour idole.

Tu as encor le choix ! Mais fais bien ton calcul !

Et n’attends pas de moi ni pitié, ni recul !

Je te laisse ce jour, et puis un jour encore.

Mais le troisième jour, je veux que tu m’adores !

Ta ruse, contre moi, en vain te leurrerait !

Plus prompte que la foudre, alors, je frapperais !

 

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