Psyche
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Ce temple immaculé couronnant la montagne,
D’un mystère sacré domine la campagne.
Quel Dieu toujours discret, veut, sans quitter le ciel,
Venir y recevoir l’hommage des mortels,
Oh ! Comme je voudrais percer ce beau mystère !
Quel est donc le secret de ce Dieu solitaire,
A travers la forêt, je veux gravir ce mont,
Pour voir si ce Dieu vient quand le soir, nous dormons.
Ce sentier effacé, parmi les asphodèles,
Témoigne que ce Dieu n’a que peu de fidèles,
Que bien peu de mortels montent pour l’adorer.
Est-ce lui qui voudrait se laisser ignorer ?
Le sentier disparaît sous les fleurs qui le parent.
Je dois craindre toujours que mes pas ne s’égarent.
Mais, comme mon désir monte vers le sommet,
Si je sors du chemin, la pente m’y remet.
A travers les taillis je m’ouvre mes passages.
Et quand enfin, des bois, je quitte les ombrages,
Le temple est devant moi, tout entouré de fleurs,
Baigné de mélodies, de mille oiseaux siffleurs.
Aucun pied n’a foulé la riante pelouse,
Nulle main n’a cueilli la framboise et l’arbouse,
Personne n’est venu franchir le seuil sacré
De ce temple d’onyx et de marbre nacré.
Le cœur battant d’émoi, craignant d’être profane,
J’entre dans le secret de cette ombre diaphane.
Aucun dieu ne l’habite et pour former l’autel,
Une couche moelleuse attend cet immortel.
Je n’ose m’approcher de la couche divine
Et comme je suis lasse et que le jour décline,
Je m’étends sur le marbre, espérant que le Dieu,
Peut-être, dans la nuit, descendra dans ce lieu.
Ce divin inconnu reste mon espérance,
Et de le voir surgir je garde l’assurance.
Quel dieu ne viendrait pas dans son temple désert,
Recevoir avec joie le sacrifice offert ?
La nuit est descendue sur toute la nature …
Soudain, le Dieu survient et dénoue ma ceinture,
Me prend entre ses bras, et sur l’autel divin,
Me dépose en tremblant sur un lit de jasmin,
Me prodigue sans fin ses ardentes caresses,
Et verse en tout mon être une divine ivresse.
Parmi tant de baisers, et donnés et rendus,
La volupté rayonne en nos cœurs éperdus.
Entre les bras divins, je vibre, frémissante,
Et l’amant est ravi de sa divine amante.
Le sommeil survenant en attendant le jour,
Prolonge nos plaisirs dans un rêve d’amour …









