La Provence 4/4

Mai
01
2010
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IX - DE 1661 A 1715 - LOUIS XIV.

 

300px-Marseille_en_1575Désormais, il faut obéir au roi.
En 1666, on détruisit les remparts de Marseille et on agrandit la ville : construction de la Canebière, et du Cours, de la rue de Rome, de St Ferréol et de Paradis.


En mars 1669, un édit institue la franchise relative du port de Marseille, ce qui permit à son commerce de se développer.


Dès 1666, Nicolas Arnoul fit agrandir le port de Marseille en le prolongeant vers l’Ouest. Il en est de même à Toulon à partir de 1680. On y détruisit les remparts d’Henri IV pour en reconstruire d’autres, l’ensemble des travaux est dirigé par Vauban.


En 1648, Mazarin avait promis de ne plus nommer d’intendant en Provence.
Mais il les rétablit en 1657, sans leur donner le titre.
En novembre 1673, Jean Rouillé de Meslay eut le titre et les pouvoirs d’un intendant.
Ceux-ci sont étendus et ils ont un pouvoir quasi illimité sur l’administration et sont responsables devant le roi.


Lcaravellees intendants développèrent en Provence l’Industrie, le Commerce, et surveillèrent les finances municipales.
En 1691, l’intendant ajoute à tous ses pouvoirs, la fonction de président du Parlement.
Dans les terres adjacentes, les villes du sud-ouest, Marseille, Arles, Fontvieille, Salon et les territoires du nord-ouest, l’intendant est l’administrateur unique et il répartit seul les impôts.
Dans le reste du comté, on conservait une représentation des administrés, mais cette représentation était loin d’être démocratique.


En fait l’intendant était le maître.


Ces assemblées votaient le don gratuit, certains impôts et certaines dépenses. La dépense était répartie entre les commerces selon le nombre de feux (trois) et à l’exclusion des terres nobles et ecclésiastiques.

Les impôts déjà nombreux, mal répartis, furent aggravés par les guerres nombreuses et dispendieuses de la fin du règne de Louis XIV.
La guerre de succession d’Espagne amena une nouvelle invasion.
Le Duc de Savoie était en Provence, la flotte anglaise mouille aux îles d’Hyères, la défense s’organisa et les envahisseurs furent repoussés.


L’hiver 1708-1709 fut particulièrement rigoureux, les cultures et les arbres fruitiers périrent.


X - LE 18e SIECLE ET LA DISPARITION DE LA PROVENCE.


Les Trente Années après la mort de Louis XIV auraient pu être une époque de paix et de reconstruction si la Provence n’avait été ravagée par la peste et par les querelles religieuses de l’époque


La peste de 1720 fut désastreuse, amenée à Marseille par un navire en provenance de Syrie, elle pénétra d’autant plus facilement dans la ville que l’on n’éloigna pas tout de suite le bateau et que les marchandises furent débarquées et vendues.
De Marseille la peste se répandit dans toute la Provence atteignant gravement Aix, Arles, Toulon.


Elle ne se termina qu’en 1722, après avoir fait plus de 80.000 victimes dont 40.000 à Marseille.

Les querelles religieuses :

 
En France les Jésuites tous puissants s’opposaient aux Jansénistes qui étaient majoritaires dans les parlements tandis que les Jésuites sont soutenus par le roi.
Cette querelle retentit jusqu’en Provence où le parlement d’Aix s’oppose aux ecclésiastiques Jésuites. Avignon a connu aussi quelques affaires de « convulsionnaires » (quatre).
On voit ainsi que la Provence suit Paris, le gouvernement royal a réussi à unifier la Provence.


La guerre de succession d’Autriche amena une nouvelle invasion de la Provence, les ennemis sitôt repoussés, la querelle Jésuites-Jansénistes reprenait et en 1763, les Jésuites sont chassés de Provence.


georges_roux_de_corseLes corsaires provençaux prirent une part active à toutes les guerres, on peut rappeler le nom de Georges Roux dit Roux de Corse, qui s’enrichit pendant la guerre de sept ans.


Le parlement d’Aix prenait une part active à la résistance des parlements, à l’augmentation des charges fiscales, la réforme de Maupeou en 1770 fut refusée par les parlements et en 1771 Maupeou supprima tous les parlements.


Celui d’Aix fut remplacé par la Cour des Comptes, sa rivale de tous les temps. Les parlementaires furent exilés, l’intendant dut partir et il fut remplacé par deux fonctionnaires Monthyon et Sénac de Meilhan.


Le 12 janvier 1775, le Parlement fut rétabli, mais assagi par son exil, il ne joua plus qu’un rôle effacé.


A la fin du règne de Louis XIV, l’administration avait atteint sa quasi perfection, grâce à des réformes successives, et c’est à cette époque que la vie de société se fit brillante, les théâtres se multiplient, les artistes se sont fixés en Provence, tels les architectes « Esprit-Joseph BRUN », « Claude d’Ageville », les peintres Van Loo, Arnulphy, André Badon, les sculpteurs Chastel, Verdiquier, Toucou, et Tossati et un graveur, Baledou d’Arles.


Les industries d’art se développèrent comme la faïence de St Jean du Désert, près de Marseille.
Les idées des Philosophes avaient pénétré en Provence, tandis que la noblesse et le clergé sont de plus en plus attachés à leurs privilèges et demandaient le rétablissement des privilèges et des franchises du comté de Provence. Mais les privilégiés se refusaient à toute concession.


L’approche de la réunion des Etats Généraux (le 5 Mai 1789) occupait les esprits.
L’élection des députés doit se faire par les assemblées électorales des sénéchaussées, on demande l’égalité devant l’impôt et c’est le début de nouvelles violences qui provoquèrent par réflexe de peur, l’abolition des privilèges.
Le 20 Mars, le clergé renonce aux exceptions d’impôts, le 27 Mars, la noblesse aux privilèges pécuniaires et le 28, le parlement abandonne son exemption de la taille.


mirabeauMirabeau fut élu à Marseille et à Aix.


Maintenant les événements importants se passent à Versailles, mais l’agitation continue à Marseille.


L’existence de la Provence se termine le 22 septembre 1789. Janvier 1790 :
L’Assemblée nationale divise la France en départements. La Provence forma trois départements : les Bouches-du-Rhône, le Var, et les Basses-Alpes. Les municipalités entrèrent en fonction dès le mois de février.

Des troubles se poursuivent à Marseille et à Toulon démontrant la faiblesse du gouvernement. Le 16 mai les représentants des municipalités jurent la fidélité à l’ordre nouveau.
En juillet 1790, les cadres nouveaux de l’administration furent mis en place avec des administrateurs et directeurs des districts qui s’installent dans les chefs-lieux.

La Provence en tant qu’unité administrative n’existe plus.
Sa langue déjà frappée par le diktat de Villers-Cotteret l’est à nouveau par la Révolution.

 

Pièce(s) jointe(s):
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